Comment accueillir et accompagner les émotions des enfants face aux attentats ?

L’information a impacté le cerveau de l’enfant, fait des liens plus ou moins conscients avec sa propre vie. Il est important que l’enfant puisse d’abord dire ce qu’il vit pour ne pas garder des idées erronées et être à même d’entendre nos explications. Avant de répondre à ses éventuelles questions, vérifions ce qu’il a en tête à l’aide de ces questions (selon son âge) :

– Qu’est-ce que tu te dis dans ta tête ?

– Comment tu vois les choses, toi ?

– Qu’est-ce que tu en penses ?

– Qu’est-ce que tu sens dans ton cœur ?

– Qu’est-ce que ça te donne envie de faire ?

Les émotions sont l’outil de la nature pour nous aider à nous réparer et à nous adapter. Notre travail de parent est d’être là pour accueillir les émotions de nos enfants plutôt que de tenter de les rassurer et de les faire taire avec nos explications.

S’il dit qu’il est triste, nous allons continuer en lui demandant : « qu’est-ce qui te rend le plus triste ? » Il est important de permettre à l’émotion de sortir de son cœur. Pour nous aider, nous pouvons imaginer. Les principales émotions à explorer avec lui sont le dégoût, la tristesse, l’amour et la peur. Le dégoût est la réponse naturelle à l’injustice. C’est la première émotion que l’on éprouve après le choc de l’annonce, quand on apprend l’horreur, les morts, les blessés, les brûlés… Aidons nos enfants à sentir et à dire le dégoût. Nous éprouvons ensuite de la tristesse pour les personnes dont la vie a ainsi été stoppée. Ils ne pourront plus regarder un lever de soleil. Ils ne pourront plus aimer et rire. Osons prendre le temps d’accueillir la tristesse de nos enfants. L’expression de la tristesse guérit, parce qu’elle laisse place à l’amour. Quand on vit une épreuve, ça nous rapproche. On sent un élan d’amour les uns envers les autres. De partout sur les réseaux sociaux viennent les témoignages de solidarité, les messages d’amour. L’amour nous aide aussi à ne pas céder à la peur. Si notre enfant éprouve de la peur, après lui avoir demandé « De quoi tu as le plus peur ? » parce que chacun peut construire une peur différente, nous pouvons lui expliquer le mécanisme de la peur : Elle est utile face au danger. L’alarme met notre corps en alerte, la tension ensuite dans notre corps nous permet de faire face ou de fuir le danger, puis vient le temps de l’expression, pleurs, tremblements, c’est le moment où le corps revient au calme. Il est naturel de se mettre en alerte quand on entend qu’il peut y avoir un danger. Mais il n’est pas utile de rester en alerte longtemps. Notre sérénité aidera nos enfants plus que nos réassurances verbales. D’autant que nous ne pouvons pas leur dire « ça n’arrivera plus ».

Nous restons tous avec un grand sentiment d’impuissance. Nous verrons dans un autre post comment leur parler des attentats. Dans un premier temps, pour les aider à se sentir moins impuissants, nous pouvons leur permettre de « dire » en dessinant, en écrivant. Dessins et poèmes ne resteront pas sur le réfrigérateur mais seront postés (ou déposés sur les lieux) aux victimes, aux belges, à tous les humains. Vous pouvez aussi les coller dans un cahier mémoire. C’est important d’être actif, de faire quelque chose. Même si ce n’est que la part du colibri.

©2017 Site internet officiel d'Isabelle Filliozat - Auteure, psychothérapeute et conférencière - Site réalisé par Kozman

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