kreattur
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courrier à mes beaux parents surtout ma belle mere - 2009/08/26 02:22
*Et *,
Le fruit de l'amour entre votre fils et moi va bientôt voir le jour et pour moi il devient plus qu’urgent de faire bouger, avancer les choses. Il faut vraiment qu’on aille vers une réconciliation. Notre relation ne peut pas rester en l’état. Ce n’est pas bon pour * et pour le bébé. Et ce qui m’importe le plus en tant que femme et maman c’est leur bonheur. En tant que parents et grands parents, je ne doute pas que vous vouliez la même chose. Alors si on s’y met tous les 3, il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas. Il y a suffisamment d’amour en nous pour * et pour le bébé, pour s’y employer de toutes nos forces. Je dois tout d’abord vous avouer que tout m’est plus facile aisé, facile avec *. Pourquoi ? Parce que je trouve que * est plus accessible, chaleureux, j’ai vraiment l’impression d’être mieux écoutée et entendue, que vous * avez mieux perçue ma souffrance et que vous respectez cette distance nécessaire sans bruit, même si vous en souffrez beaucoup. Avec vous *, je sens un réel blocage. Nous avons beaucoup parlé pourtant rien a vraiment changé, ça a même peut être empiré. Il y a comme une forte résistance. Pour résumé, j’ai l’impression mais peut être n’est ce pas le cas que : _ vous * était vraiment navrée de m’avoir fit autant de mal d’avoir douté et _ vous * était malheureuse de l’avoir dit, que cela fasse tant d’histoire et que cela implique vous exclu de ma maternité. On est amené à se côtoyer souvent pour votre fils et pour mon enfant. Alors il va falloir, vous en conviendrez, que ça bouge et rapidement. Ce n'est pas vivable autant pour nous que pour votre fils et je ne tiens pas à ce que se soit difficile pour mon enfant aussi. Je vous propose donc d'avancer avec moi. Seule je n'y arrive pas. Je vais vous faire part de mes ressentis et de ce qui pourrait faire avancer les choses sans pour autant vous charger, vous juger, vous accuser. Ce que j’attends de vous en retour ? Sans doute vous le demandez vous ? Tout simplement que vous me lisiez, tentiez de comprendre, respectiez mes mots, mes choix et qu’il y ait une réaction de votre part ni plus ni moins. Autrement dit, qu’à votre tour vous aillez la même démarche, que vous couchiez sur une feuille votre ressenti et ce qui selon vous, améliorerez les choses. Ce que je ressens, n’est pas la vérité, c’est juste comment j’ai pu percevoir et interpréter les choses. C’est ma vérité. Ce qui peut vous paraitre juste peut me paraitre injuste et vis vers ça. Si on devait tout reprendre à zéro. Voici le récit de notre histoire avec mon regard et mon ressenti. Un jour ma mère s'exprimait sur le fait qu'elle ne voulait pas que la fille de son mari mette un pied chez eux. Notre mère s'est souvent comportée comme une enfant ou une copine avec nous. On était ses confidents pour tout et rien. Très tôt confronté aux problèmes d'adultes, nous tentions souvent de la raisonner tout en essayant de ne pas attirer ses foudres sur nous. Il s'agissait encore de ménager sa susceptibilité, tout en essayant que son couple ne capote pas et qu'elle ne s'en prenne pas injustement aux enfants de son mari. Nous avons donc essayé de la mettre à la place de son mari pour qu'elle essaye de s'imaginer combien il est dur de ne pas voir ses enfants. Devant notre manque de soutien à son encontre, elle s'en prit violemment à nous physiquement et verbalement. Le jour même je me suis refugiée chez mon père après une pluie de coups. Mon père et Marylène m'ont dit reste pas avec cette folle, revient chez nous. Le soir, j'ai décidé de lui annoncer que je retournerai vivre chez mon père. Elle m'a de nouveau tabassé, puis elle est partie comme une furie et je suis allée vivre chez mon père. Le lendemain elle allait chez vous, parents de mon petit ami (que je ne connaissais pas encore), pour dire les pires choses sur mon compte. * ne connaissait rien de mes difficultés relationnelles avec ma mère. Je n'en parlais jamais. Je dois avouer que gamine j'ai bien vite pris conscience que les gens "normaux" ont vite peur, vous colle vite une étiquette, sont vite rattrapés pas les préjugés. Quand vous avez un parent défaillant et maltraitant, vous avez beau subir et être victime de la situation on vous traite toujours comme un paria, une personne à problème qu'il faut absolument fuir, "un cas social", un futur délinquant, un futur parent maltraitant, un futur drogué, un futur suicidaire .... Que sais-je encore! Vous êtes frappés du sceau du malheur, vous ne pouvez être qu'une source de problème. Vous n’êtes pas fréquentables, contagieux "anormaux"... c'est très dur à vivre, alors on apprend à cacher son histoire, ne montrer de nous que ce qui est acceptable, ce qui fait qu'on peut nous aimer sans crainte. il faut, je pense du temps, beaucoup d'intérêt, d'amour et de connaissance de la personne de la part de gens "normaux" pour pouvoir accueillir l'autre dans son histoire, l'accepter et l'aimer dans tout ce qui la compose. Là seulement à mon avis, ils sont prêts à vous voir "vous" et ils ne font pas d'amalgame. En écrivant ces mots je me rends compte que je vous en veux injustement. Vous n'avez pas eu tout ça. Autrement dit vous avez connu mon histoire avant de me connaitre moi. Ma mère est encore intervenue dans ma vie pour des raisons qui lui appartiennent. J’interprète ça peut être à tort par de la vengeance ou de la jalousie de me voir heureuse. N’empêche que cette intrusion dans votre vie, il a bien fallu une fois encore que je me défende, me justifie auprès de vous sur qui était ma mère et qu'elle était notre relation. Se battre ou abandonner, perdre ce qui me rendait heureuse *. Ce n’est pas évident de se retrouver au pied du mur, d'être obligée de se dévoiler, se mettre à nu, se justifier auprès d'inconnus. Ma mère est tres convaincante, je sais l'impact qu'elle a sur les gens, le pouvoir qu'elle a. Combien de temps encore fallait il que je reste sans réagir, la laisser toujours tout saboter. Bref c'est sans doute horrible ce que je vous ai raconté, difficile à imaginer et à croire mais c'est ma vie avec elle. La mère, l'adulte, la personne responsable c'était elle, moi je n'étais que l'enfant. C’est ma mère c'est vrai mais je ne l'ai ni faite ni choisi. Je suis son enfant et non un clone d'elle. Chaque enfant n'est pas une pale copie de ses parents, il est un être libre et indépendant qui fait des choix et décide de ce qu'il veut pour lui. Je ne suis plus une enfant mais une adulte, une personne responsable de mes choix et actes. Je n'ai jamais été quelqu'un de violent, je ne suis pas impulsive. Je suis sensible, je pleure facilement c'est vrai, les choses me touchent beaucoup, je les prends très à cœur, mais je ne règle rien dans les cris et les coups. Quand il nous arrive d'être en désaccord avec votre fils je parle calmement, je peux pleurer, aller faire un tour mais en aucun cas il y a des hurlements, des objets qui volent, des coups, du sang et une personne qui doit appeler les forces de l'ordre. Alors je vous réponds enfin : « non je n'ai pas peur d'être maltraitante, défaillante comme ma mère. » c'est inconcevable pour moi de laisser mon petit enfant seul dans la rue ou chez moi durant des heures, jours; le tabasser, l'insulter ou lui jeter tout ce que j'ai à porté de mains à chaque fois que je suis énervée, le regarder avec les yeux de la haine de l'indifférence ou du mépris, le laisser avoir faim, aller a l'école avec des vêtements hors d'usage et j'en passe... je ne pense et ne raisonne pas de la même façon, je ne réagis pas à tout ce qui ne me plait pas ou m'échappe par la violence. La violence j'en ai peur et je la fuis. Je sais ce que s'est d'être aimée et d'aimer et j'ai beaucoup d'amour à donner. En revanche oui comme chaque femme qui s'apprête à devenir mère j'ai des doutes, des craintes. J’ai peur de faire des erreurs, de ne pas être la mère que mon enfant voudrait que je sois. Même si je sais que c'est inévitable que chaque mère commette forcement des erreurs et qu'aucune n'est parfaite. Mon enfance ne se résume pas au modèle d’*. Beaucoup de gens m'ont aimé et entouré toute ma vie et ont essayé par tous les moyens de compenser la défaillance de ma mère. Beaucoup de gens normaux et équilibrés mon père en tête de liste. Ma mère m'a eu sous sa garde 6 ans. Mon père tout le reste de ma vie d'enfant et d'adolescente. J’ai pu comparer, juger de ce qui était normal ou non, comprendre mon histoire, élaborer au fil des années ce que je voulais pour ma vie d'adulte et pour mes enfants. Alors oui, il m'aura fallu du temps mais aujourd'hui, j'arrive à comprendre que vous ayez pu penser ça. Comprenez à votre tour que je ne puisse l'accepter, que cela puisse me blesser très profondément et me mettre en colère. Si demain on disait de vous sans preuve que vous étiez pédophiles. Si je me posais la question ou que j'émettais des doutes à votre encontre vous seriez surement très blessés et en colère. Ça pourrait me sembler normal et juste de me poser la question. Ça vous semblerait à vous profondément injuste. J’ai bien conscience que vous avez besoin d'être rassurés pour votre fils et vos futurs petits enfants. Mais pour moi il n’est pas possible de porter vos peurs, vos craintes. Elles me mettent mal à l'aise pour l'avenir car j'aurai cette impression constante d'être surveillée, jugée. Ce n’est pas facile d'être maman pour la première fois, ça l'est encore moins quand sur vous pèse le doute, on se dit que tout sera décortiqué et examiné à la loupe. Vous me faites peur. Je ne me sens pas à l'aise avec vous concernant ma future maternité. J’ai cette peur irraisonnable que vous m'enleviez mon bébé. Comprenez bien qu'à mes yeux vous êtes ces gens normaux, ces parents parfaits aux yeux de leur enfant dont chaque parole est bue alors comment ne pas avoir peur en pensant que pour vous enfant maltraité = parent maltraitant. De plus j'ai compris il n'y a pas très longtemps par le témoignage d'amies sur leurs propres ressenties et vécues que j'étais en rivalité naturelle avec vous en dehors de cette histoire. Concrètement je ne peux pas être en rivalité avec ma mère puisque ce n'est pas une mère et qu'elle est inexistante dans ma vie. Ça ne peut pas être aussi la compagne de mon père puisqu’elle n’a pas eu d’enfants. Je sais donc qu’elles n’interviendront nullement dans ma vie de maman. C’est donc forcement avec vous que s'opère cette rivalité naturelle. Vous est plus âgée, plus expérimentée, vos fils vous disent bonne maman alors forcement il me faut me faire ma place en tant que femme et mère. Quand je vois comment votre fils vous aime et ne jure que par vous. J’ai peur d’être évincée et que mon enfant vous aime plus que moi. Je vous vois comme une femme toujours avec son mari, que ses fils aiment par dessus tout et plus que tout, dont sa vie a été d'être mère avant toute autre chose et dont une des plus grandes tristesses a été de voir ses fils partir de la maison. Certes c'est normal mais ça n'en n'est pas moins douloureux. J’ai donc peur que vous ne me laissiez pas ma place de maman, de ne pas pouvoir être maman sereinement auprès de vous sans sentir votre regard pesé sur moi. À présent qu'est ce qui ferait que je sois plus détendue avec vous, qu'on puisse avancer vers une réconciliation. C’est une question compliquée que m'ont souvent posée * et la psychologue. Je vais donc tenter de me poser, y réfléchir et vous répondre par le bais de l'écriture. 1 _ Je crois déjà que j'ai besoin d'être reconnue dans toute ma différence. Autrement dit, je suis une personne, une femme adulte extérieure à votre famille avec sa propre histoire, sa propre famille, son propre vécu. Etre acceptée, pour moi, ne signifie pas être un membre de votre famille. J’ai mes propres parents, mes propres frères et sœurs, mes propres grands parents, mes propres oncles et tantes et mes propres cousins. Ce n'est pas une question d'affinités ou d'amour, mais de clarté, de juste bonne distance. On ne peut pas dire les mêmes choses à un membre de sa famille et un membre de sa belle famille. Je suis une pièce rapportée ou une valeur ajoutée qu’importe le terme, mais toujours est il que je suis moi. C’est un peu comme si j’étais un morceau de puzzle qui appartient à un autre puzzle dans votre boite à puzzle. Je suis présente certes mais je ne peux m’emboiter dans votre puzzle puisque j’appartiens à un autre puzzle. 2 _ J’ai besoin que vous arrêtiez de me renvoyer que je suis une personne fragile, instable. Je suis en effet sensible, à fleur de peau, mais pour moi cela n’a rien à voir avec la fragilité ou l’instabilité. Je ne suis en aucun cas prête à me casser en milles morceaux, au bord du gouffre, dépressive ou suicidaire. Ça me touche, ça me blesse, ça me fait pleurer mais je ne baisse pas les bras. Je prends les choses à bras le corps et je continue à me battre, à avoir la niak. Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais. Ma colère à votre encontre vous prouve bien que je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit. Il est vrai que vous ne me connaissais que très peu. J’ai beaucoup de tempérament, un sale caractère peut être ! Mais je suis dotée aussi d’une joie de vivre débordante et communicative. Sans doute quand notre relation sera meilleure vous aurez un aperçu de cet aspect majeur de ma personnalité. Je suis une femme très nature, entière, extrême. J’aime, je donne tout. Je suis déçue, ça prend des proportions énormes, je reprends tout. Je n’aime pas, je ne donne rien. Je suis comme ça. 3_ J’ai besoin qu’on me laisse être la maman de mon bébé. Ça veut dire quoi exactement ? Le surnom de bébé * * c’est notre miracle de noël. Pour moi ce bébé c’est vraiment un miracle en bien des choses. Je l’ai attendu très longtemps, j’ai mis toutes les chances de mon coté pour y parvenir, j’ai beaucoup travaillé sur moi pour qu’il est envie de venir. Si j’en crois les dires de * ce sera mon seul et unique enfant, il prend donc d’autant plus de place, d’importance à mes yeux. C’est extraordinairement merveilleux dans la mesure où pour la première fois de ma vie je vais avoir une famille. 2 parents qui s’aiment et qui aiment leur enfant. Pour moi, ce n’est pas rien ! C’est une grande chance, je suis vraiment très enthousiaste de fonder ma famille. La famille que j’ai crée est ma priorité absolue. J’ai besoin qu’on me laisse faire comme je l’entends et qu’on me laisse décider. Je veux éduquer mon enfant avec * et seulement avec lui. Je serai sans doute une mère bien différente de vous mais cela ne voudra pas dire que je serai moins bien ou mieux. J’ai juste envie d’être une maman selon l’idée que je m’en fais, je ferai forcement des erreurs mais quelle maman n’en fait pas ! Je ne souhaite pas qu’on me conseille, si j’ai une question je la poserai. J’ai beaucoup d’amies mamans et je préfère échanger avec elles. Je vous en conjure donc, ne me dites pas ce que je dois faire et comment faire, sans que je vous le demande. Faites le si vous le souhaitez avec votre fils, mais pas avec moi. 4_ J’ai besoin aussi de ne pas me sentir en concurrence affective avec vous concernant mon bébé. Vous avez vos enfants. J’ai le mien. Je suis sa maman. Vous êtes sa grand-mère. En fait, j’ai besoin d’être rassurée sur le fait que vous vivez cette naissance comme l’arrivée d’un petit enfant et non comme un nouvel enfant à vous, une nouvelle chance de faire différemment. Je précise bien que j’ai conscience que mes peurs, craintes ne sont sans doute pas raisonnable peut être même de l’ordre du fantasmes, il n’empêche qu’elles sont belles et bien présentes et qu’elles ont besoin d’être dites. Ce dernier chapitre conclura mon écrit. J’ai l’impression que cela n’est pas bien clair dans les esprits alors je préfère vous rassurer sur ce point. Je vais vous expliquer de nouveau comment je perçois et j’aimerai que ce déroule les choses à la naissance de bébé **. Sachez tout d’abord que je ressens déjà ce malaise du plein et du vide. Aujourd’hui je porte la vie, je suis peut être énorme mais heureuse et épanouie dans cet état. Les gens me trouvent belle. Nous somme en totale fusion, osmose avec mon bébé. Il est au chaud et bien à l’abri au creux de moi. Il n’est qu’à moi, lui et moi ne formons qu’un. Quand j’accoucherai, nous serons séparés, il sera exposé. Il ne sera plus qu’à moi, lui et moi formeront 2 entités distinctes. Je me retrouverai vide, désemparée, avec un gros ventre flasque. Je serai moche. 5_ J’ai vraiment besoin ces 3 premiers jours de vie à la maternité, ainsi que lors de notre retour à la maison de le garder serrer fort contre moi, recréer un lien, apprendre à le connaitre… il est vraiment nécessaire que je sois maman, que j’en prenne conscience, que je réalise, que ce laps de temps puisse me rassurer sur le fait que je sois bien sa maman et que personne ne me l’enlèvera ou décidera pour moi. Le premier jour à la maternité ne sera que pour *, bébé et moi. Le 2 et 3ieme jour sera pour les visites de la famille et des amis proches. Ensuite nous profiterons tous les 3, de deux ou trois semaines seuls tranquille à la maison. Enfin nous viendront vous rendre visites ainsi que tout le reste de la famille et de nos amis à Lyon pour vous présenter le bébé. C’est à cette occasion que de moi-même je vous remettrai mon bébé entre vos bras. Oh bien sûr, comme toute jeune maman, je vous dis pas que ce sera facile mais je vous fais la promesse de le faire par accout, un petit laps de temps puis petit à petit de plus en plus longtemps et régulièrement. Pour que ce geste puisse s’opérer le plus simplement et naturellement du monde il faut que vous aillez en tête tout ce que je vous ai écrit, que vous le respectiez et soyez patiente. Il n’est pas facile de confier ce qu’on a de plus cher au monde.
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