sophie
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Re: Mes besoins sont-ils en competition avec.... - 2004/06/25 19:18
Bonjour a vous Isabelle, Je ne veux pas vous deranger, vous n'etes pas obligee de me lire, ni de me repondre. Cela me fait juste de bien de parler a quelqu'un qui peut comprendre ce que je ressens et vous etes la seule qui m'aie donner cet impression dans ce monde.
J'ai deja consulte plusieurs specialistes differents pour tenter de me debarrasser de ce "mal etre" permanent. J'etais convaincue que ca venait du divorce des mes parents et des trois annees passees en compagnie d'un garcon pas tres bien dans sa peau non plus. Les medecins en sont tous arrives, eux, que ca venait tres certainement de ma petite enfance et se butaient a me poser des questions qui me semblaient inutiles, puisque pour moi mon enfance s'etait parfaitement deroulee, et auquelles je repondais en utilisant ce que je voyais en surface, c'est a dire du vent. Le probleme est donc reste enfoui dans les profondeurs de mon ame. La seule qui touche du doigt le mal a sa source, c'est vous, avec votre livre '"au coeur des emotions de l'enfant". Depuis sa lecture, je suis en recherche permanente de mon passe enfantin. Votre livre est tellement concret et profond que tout en moi remonte facilement en surface. Et depuis, j'ai retrouve une certaine liberte. J'ai l'impression d'exister dans votre livre tellement je m'y retrouve.
Petite, j'ai fais otites sur otites avec des complications puisque j'ai subie une operation. Aujourd'hui j'ai de gros soucis avec mes oreilles. Ma mere me racontait que j'avais fait mes nuits tres tot. Pour ca, on mettait mon berceau dans la salle (pour ne pas m'entendre) et on me laissait pleurer. Je me suis arretee tres vite. Mon pere ayant fait les commandos n'etait pas du genre a recidiver. Ensuite j'ai ete dyslexique (je l'ai su que bien plus tard) ce qui m'a value multiples humiliations en public. (mes problemes de language ont beaucoup fait rire ma famille). A l'epoque, ce n'etait pas un probleme. Ce devait etre normal. Je ne m'entendais pas avec mes freres. Nous ne nous sommes pas adresses la parole pendant des annees ( nul ne sait pourquoi) Ils m'en faisaient voir de toutes les couleurs. Un jour, pour rigoler, alors que l'on s'amusait avec un ascenseur chez une amie a mes parents, mon grand frere est monte avec moi, il a appuye sur la touche -1 et s'est depeche de ressortir. Je me suis retrouvee seule lorsque la porte s'est reouverte sur l'obscurite totale. J'etais tetanisee (aujourd'hui encore j'ai du mal a rentrer dans un sous sol et si par malheur la lumiere s'eteignait, c'est la panique totale) J'ai eu le droit a quelques petites experiences du genre toute mon enfance. Mes parents n'y ont jamais pretes attention. Ma mere au contraire prenait du plaisir a faire partager a la famille ou aux amis, nos aventures personnelles comme la petite lettre d'amour du petit voisin (que j'ai deteste a vie pour ca) ou bien comme annoncer mes premieres regles... A chaque fois j'avais le droit a des question, commentaires ou des moqueries, des rires selon le sujet. Une fois j'ai dis a ma grand-mere : "mamie, pourquoi personne ne m'aime ?". Elle a d'abord rigole et m'a repondu : "mais bien sur que si qu'on t'aime !" Ma mere est arrivee et ma grand mere s'est empressee de lui repeter "mon secret" et comme je m'y attendais elle a elle aussi rigole et a repondu :" elle a de ces idees parfois".
Aujourd'hui je suis toujours persuadee que personne ne m'aime. Quand une personne me fait une remarque ou me contrarie, je me dis qu'elle ne m'aime pas et qu'elle doit certainement se moquee de moi derriere mon dos alors je me mets a la detestee. ( ce sont surtout des femmes)
Aujourd'hui je suis phobique, claustrophobe, hyper nerveuse (avec tout ce qui s'ensuit : exema, colites...), anxieuse, a la recherche de ma personnalite, je ne me supporte pas, je n 'ai aucune confiance en moi ni aux autres, je suis complexee et ai du mal a m'integree dans un groupe...
Et ce que je souhaite par dessus tout, c'est que mes enfants n'heritent pas de ces tares qui me bouffe la vie. Je m'informe beaucoup depuis ma grossesse sur les enfants et j'ai enormement appris. J'allaite mon bebe a la demande, je le porte des qu'il en eprouve le besoin et me le demande, je ne le laisse jamais pleure tout seul, il dort avec nous la nuit et je reste a la maison pour m'occuper de lui. J'essaie de tout faire pour qu'il soit heureux, faire de mon mieux et pourtant je me pose toujours des questions, doute et continue a lire pour en savoir toujours plus. (J'avais dis que votre livre serait le dernier mais je vais lire aussi tous les autres que vous avez ecrit) Je me suis tout de meme surprise parfois, (comme vous l'expliquez dans votre livre), fatiguee, a bout, a repeter les memes reflexions, les memes gestes que mes parents. Aujourd'hui apres la lecture de votre livre j'essaie de me controler au maximum. J'ai vraiment peur d'echouer face a mon fils, peur qu'il soit infecte. Il n'a que 10 mois et mes mots n'ont pas encore toute leur importance mais qu'en sera t il lorsqu'il parlera et comprendra ?
Aujourd'hui mon mari, mon fils et moi vivons aux Etats Unis. Mon mari a ete expatrie par son entreprise pour une duree de 3 a 4 ans. J'ai tout fais pour que l'on parte de France ou il m'etait impossible de vivre (j'avais vecu 1 an en Espagne juste avant). Ne serait-ce pas inconscimment calcule pour evite ma famille ?
Justement ses grand parents. Quels risques y a t-il a confier notre fils a ses grands parents pour les vacances ? Peuvent-ils lui creer aussi certains traumatismes ?
Si vous m'avez lu jusqu'ici je vous en remercie et m'excuse encore (pour les fautes aussi ! Je n'ai pas le temps de relire, mon bebe se reveille !) de vous avoir derange. Ca m'a fait beaucoup de bien de me vider un peu.
Chaleureusement Sophie
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