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Discussions et Questions  


je paufine lettre à ma mère pour la répation - 2006/08/01 07:30 Bonjour Isabelle,
Je te remercie pour ta réponse à ma lettre que j'avais pratiquement finalisée, j'étais vraiment touchée par ta réponse.
>>
""Cette lettre est superbe, puissante, sans aucun jugement, on y entend vraiment la petite fille, l'adolescente, la jeune femme? on y entend Nathalie. J'espère que ta maman t'entendra. La réparation ne me parait pas directement reliée, juste un peu par rapport aux idées sur l'accouchement, mais la question à se poser pour choisir une réparation, c'est : quel acte ou quelle parole de mon parent peut me permettre de sentir que de nouveau je me sens complètement à l'aise avec lui/elle, que la confiance est rétablie.
cette demande de participation financière me parait un peu légère et ne semble pas demander l'implication affective de maman, je crains que ta maman ne perçoive comme dérisoire, presque du mépris pour ses capacités relationnelles que lui soit demandé seulement de l'argent. Mais la réparation, n'est-ce pas déjà de ressentir à quel point? ce regard que tu attends d'elle sur toi, n'est-ce pas cela qui va te réparer ?
bonne route sur ce chemin de réconciliation, et vraiment j'ai eu du plaisir à lire cette lettre, très en contact avec l'enfant et sans jugement.
isabelle""

Après être passée par des moments destabilisant dans mon couple (je suis enceinte de 8mois aujourd'hui), où mon conjoint a soudainement "péter un plomb" (déprime, desintéret pour notre famille, colère contre son papa, pessimisme pour la vie) car il a commencé aussi ce travail et il a justement eu envie d'exprimer sa colère à son père sans s'y préparer, et cela c'est fini par "fais une croix sur ton père" et donc il est resté comme bloqué tout le long de la grossesse... Comme par hasard c'était aussi le début de la grossesse... Qui elle était désirée par tout les deux. Je me suis donc déconcentrée sur mon propre travail avec ma mère. Il commence à aller mieux, à se "soigner" sérieusement et tout en essayant un max de rester centrée sur moi, sur mon bonheur, ça n'a pas été facile, mais ça m'a ouverte sur d'autres blessures m'appartenant que j'ai pu travailler et prendre concsience.
Donc voilà mon petit résumé...
Je remets ma lettre, où j'ai changé pour "la réparation", tu avais raison et en plus je ne me sentais pas vrament à l'aise avec celle que j'avais mise.

Voili voilà :idea:

****************************
Ma chère maman,
Ma chère maman,

Je t'écris car il m'est plus facile de m'exprimer sur papier pour tout ce que j'ai à te dire. Je préfère commencer avec toi, car je ne me sens pas prête avec papa, et je sais que j'ai beaucoup de choses à lui dire aussi.
Avec papa il y a un fossé affectif si grand, que je ne me sens pas du tout à l'aise, même si je suis sûre que de ce fossé qu'il a mis lui-même, il en souffre en secret. J'y viendrais aussi mais d'abord je préfère commencer cette tentative de rapprochement avec toi.
Je souhaite avant tout, que tu lises ma lettre tout simplement en « m'écoutant » sans arrière pensée, sans jugement, juste en respectant mon ressenti et si tu le peux, te mettre un peu à ma place, en tant que fille.
Tu as surement remarqué que depuis quelques temps, je cherche à en savoir un peu plus sur le bébé que j'ai été, l'enfant, bref, sur mon histoire.

Si je ne t'ai pas parlé jusque là, c'est parce que j'avais peur de te blesser et peur de n'être pas entendu.
J'ai décidé de ne plus avoir peur.

Je ne veux pas avoir peur de ma maman.

J'ai conscience que c'est long pour toi à lire, mais cette fois-ci, je te le demande, car c'est très important pour moi, prend le temps de la lire Tranquillement, au calme.

Je vais te raconter des instants de ma vie avec toi, mais avec mes propres ressentis, ce dont tu n'as jamais su. Ce n'est pas une lettre d'accusation car je ne vois pas en quoi ça m'aiderais, ni à toi d'ailleurs, c'est une lettre qui parle de moi, Nathalie ta fille.

J'étais petite, nous habitions au mirail et je me rappelle être allé chez un podologue avec toi. Il posait des questions sur moi et toi tu répondais. Parfois j'aurais voulu répondre mais tu l'avais déjà fait. J'avais l'impression de ne pas avoir droit à la parole, comme beaucoup de fois où nous sommes allées chez le médecin, car je n'étais « qu'une enfant ». Je me sentais comme un pantin que l'on emmene chez le réparrateur pour lui revisser une visse et puis c'est tout. J'étais furieuse intérieurement et surtout frustrée car ce que j'avais à dire, n'avait pas d'importance pour ma maman. Alors je me rongeais en moi, comme je pouvais me ronger les ongles...
J'aurais tellement aimé que tu me demandes ce que je ressentais, que tu écoutes ce que j'avais à dire, ou de me laisser m'exprimer. Je me serais senti utile et si contente d'être entendu.

Je me rappelle aussi être allée avec vous à une fête de village à Bizanet. Il y avait biensûr tati, tonton, Pierre, Caty et ses filles, etc. Je sais que j'étais petite, peut-être vers mes 5 ans...
Je ne sais pas pourquoi, mais je sais que je n'osais pas aller danser avec Pierre, Monique, Marjorie, bref tous les enfants. J'étais comme paralysée et je ne savais pas pourquoi. Les cousines venaient en insistant plusieurs fois de venir danser, jouer, mais j'étais clouée, assise sur le trottoir, toute seule au milieu de tout le monde, passant pour la petite fille bête de ne pas vouloir jouer avec les enfants. Je me disais que cette fête, c'était trop nul, la musique était nulle, tout était nul. Je me sentais en même temps génante et embétante pour vous, avec mes réactions. Je me sentais seule au beau milieu de tout ce monde, et je me disais que les adultes étaient des imbéciles et je les détestais car je trouvais qu'ils prenaient les enfants pour des ignorants qui ne peuvent pas comprendre, et je me suis promise ce jour-là, de ne jamais oublier ce que je ressentais pour ne pas le reproduire, le jour où je serais adulte.
Mais finalement, ce que j'éspérais, c'est que tu viennes discuter avec moi et essayer de comprendre ce que je pouvais ressentir dans mon enfermement. Car la petite fille que j'étais, ne pouvait pas jouer mais ne savait pas pourquoi. J'aurais préféré être prise tendrement dans les bras et être rassurée que j'avais le droit de ne pas aimer cette fête.

Je me rappelle que papa et toi m'obligiez à rester à table toute seule jusqu'à ce que je mange. J'étais souvent menacé de rester toute l'après-midi tant que je n'avais pas fini. J'ai reçu parfois des gifles me semble-t-il, des engeulades, bref des humiliations. Mais moi, dans ma tête de petite fille, je ne comprenais pas pourquoi il fallait tant que je mange ou finisse cette assiette, et je ne savais pas pourquoi je ne pouvais rien avaler, j'étais éc?urée, dans ma gorge la nourriture était bloquée, ça m'était désagréable. Ces assiettes me dégoutaint lorsque j'étais forcée de manger, je sentais des gros morceaux passer malgrè tout dans ma gorge, ça me donnait envie de vomir et souvent je gardais dans ma bouche et dès que je pouvais, je le recrachais dans ma main pour le mettre dans ma poche, par exemple. Et pour me venger d'être puni, je résistais encore plus pour me faire toujours plus de mal et ne rien avaler, puisqu'il ne restait que cette « arme » : me faire du mal.

Combien de fois j'ai pleuré dans mon coin toute seule... J'en venais même à me demander plus tard si j'étais pas maniaco-dépressive! Je ne sais plus pour quelles raisons exactement, mais je sais que lorsque je recevais des gifles, tapes ou bouffes, par exemple, je me sentais tellement humiliée et impuissante qu'il ne me restait plus que les yeux pour pleurer et me résigner dans ma tristesse et ma peur des parents, surtout de papa. Le rapport de force était là, je n'avais plus qu'à obeïr. Ce que je ne faisais pas biensûr, puis que je ne comprenais pas, car tout ce que j'apprenais de ma bétise, c'est que j'étais méchante et pas dégourdie. J'aurais aimé avoir la possibilité de parler de mes erreurs par exemple, je me serais senti tellement mieux.

Un jour, je devais avoir treize ou quatorze ans, je ne sais plus trop, je me sentais horriblement triste, triste à mourir. Je pleurais dans ma chambre enfermée à clef, je me sentais mal, j'avais des noeuds tordues et emmélés dans le ventre, j'avais envie de crier et je n'y arrivais pas, les sons de ma voix ne pouvait pas sortir, je pleurais à en crever mais pas très fort pour ne pas me faire entendre. Alors au bout d'un moment, je suis allée chercher dans le placard à pharmacie tout pleins de boîtes de médicaments assez fort et suis repartie dans ma chambre. Je suis restée longtemps devant ces médocs à me dire de tout avaler, et puis non, et puis si, et.....
Je n'avais qu'un pas à faire, mais je ne l'ai pas fait, car je me suis dite qu'avec ça, j'allais de toute façon pas crever et que ce qui se passerait serait que j'irais à l'hosto faire un lavage d'estomac et que je n'aurais pas été écouté comme j'en avais besoin. J'avais tellement un gros blocage que je ne serais pas arrivé à répondre à la question « pourquoi? ». J'ai préféré me résigner. Je sais qu'au fond j'aurais eu envie et besoin qu'un parent vienne taper à ma porte pour discuter et m'écouter pour ce qui me rendais si désespérée.

Tu te rapelles qu'à une période j'écrivais des poèmes? C'est une période où j'écrivais beaucoup. J'écrivais tout ce que je vivais et ressentais et des poèmes. Je me rappelle qu'une fois, je suis venu te lire un de mes poème. J'étais entousiaste de le lire car j'étais fière de moi. C'était hyper important pour moi, je faisais un truc qui me passionnait et je voulais te le faire partager. tu faisais la cuisine et tu m'as dit que c'était bien et c'est tout, le partage c'est arrété là. J'ai senti que tu avais envie de t'intéresser mais que pour toi, mais je crois que tu n'avais pas le temps. Je suis repartie avec un goût d'amertume. J'avais l'impression que ce n'était pas très important et que le repas devait passer en priorité. J'aurais tellement aimé que tu m'écoutes sincèrement, ou me demander d'attendre un moment plus opportum, après manger par exemple, ou fixer un jour et un moment.

Il y a eu beaucoup de fois où je m'endormais avec un livre. J'avais horreur de « l'école prison », mais j'adorais , et encore, les livres, la lecture. Et bien en fait, il y au eu beaucoup de fois où je n'étais pas vraiment endormie. J'attendais que tu viennes, car je savais que tu allais venir, pour m'enlever le livre et éteindre la lumière. En fait, j'attendais une marque de tendresse, ce qui arrivais ; une caresse sur le front par exemple. Et là je me sentais bien pour m'endormir.

Il y a beaucoup de fois où tu m'as dit que j'étais pas dégourdie, bordélique, que « on dirait une gitane », tout ces mots, tu me les a rabaché et le fait d'entendre ça de toi, j'avais l'impression d'être une fille vraiment stupide, sale et moche pour toi. J'aurais tellement aimé que tu me trouves aussi des qualités, comme tu y as vu mes défauts.

Le premier jour de mes règles, je me suis levée le matin et j'ai vu du sang en allant aux toilettes. J'ai bien compris que c'était les règles puisque j'en avais entendu parler à l'école, avec les copines, Fifi ou prof de biologie. Je me sentais toute bizarre, un peu inquiète et pas super à l'aise. Alors je suis venue te voir dans ta chambre, tu n'étais pas encore levée et je t'ai dit que je croyais avoir les règles. Tu m'as dit de prendre dans le placard de la salle de bain des serviettes hygiéniques. Ce que j'ai fait. J'ai ouvert le placard, j'ai vu les serviettes, et jen ai pris une toujours un peu inquiète, sans trop savoir comment ça fonctionnait ces choses-là. Donc je l'ai posé sur ma culotte et voilà. Je me sentais vraiment mal à l'aise, je la sentais bouger et toute la journée, pareil. En plus ça avait fuit sur mon pantalon, je le sentais mouillé et j'avais une frousse avec l'impression que tout le monde allait voir mon pantalon tâché, alors je tirais mon pull vers le bas. Je n'osais pas en parler aux copines de peur de passer pour la dernière des abruties. Puis un jour, je me suis apperçue qu'il y avait une bande dessous à enlever pour la coller sur la culotte.
J'aurais préféré que l'on en parle, je sais aujourd'hui que j'avais réellement besoin de toi, en tant que femme, pour me rassurer, que je puisse te dire que je ne savais pas comment faire pour être à l'aise, te raconter mes angoisses. Je ne suis pas venue de moi-même t'en parler par habitude, car nous ne discutions pas des choses intimes. Et je n'ai pas senti ta disponibilité, je l'ai fait machinalement, j'ai pensé que comme tu m'avais dit de me servir, je devais me débrouiller toute seule, c'était mécanique pour moi. Si j'y arrivais pas, je pensais que c'était de ma faute, que j'étais vraiment pas dégourdie. En parler, c'est tout ce que j'avais besoin.

Je crois que j'ai perdu de ma féminité à ce moment-là. Peu de temps après, je mettais des pulls long sous les fesses, les mains dans les manches, toujours habillée à la « j'en ai marre de vivre », et mon message était clair et vrai. C'est comme si je m'étais interdite de devenir une femme. Comme si je refusais de me créer un corps de femme dans toutes ces formes. J'ai toujours ressenti en moi, que je m'étais inconsciemment arrétée ma croissance et ne pas dévelloper des seins qui se voient et les cacher facilement comme je cachais mes fesses avec des longs pulls. Tout ça je ne le sors pas d'un livre, mais de mon c?ur, de ma vie, de mes ressentis.
Toutes ces nuits, ces mois, où je t'ai réveillé car j'avais les règles et que j'avais vomis. Je continuais à vomir et vomir encore et toujours, même la bile. Je sais que tu étais inquiète et tu appelais le docteur pour qu'il vienne car rien ne m'arretais de vomir, à part ses piqûres qui me stoppais ça et me faisais dormir presque aussitôt. Même si j'aurais préféré être soigné différemment, tu as toujours été une bonne maman infirmière.


Cette façon de m'habiller « à la gitane », « à l'arach », je l'ai fait longtemps; du collège jusqu'au lycée et même après. Au début, au collège, je ne pouvais pas m'approcher d'un garçon qui vienne me faire la bise, comme avec mes copines, c'était impossible pour moi. Plus tard, je recherchais le contact masculin. Je me sentais bien qu'aux milieu des mecs, comme en sécurité, je cherchais des grands-frères qui veillent sur moi. Dans mes vieux pulls long, au milieu des mecs je me sentais en sécurité et comprise, je sais que mes « pots » sentait aussi ma détresse même mystérieuse. Tout ce temps de ma « révolte », je ne cherchais qu'a attirer l'attention sur moi, attirer votre regard comme pour dire « je ne suis pas à l'aise dans cette façon de vivre, j'ai pas confiance en moi, j'ai peur toute seule, j'ai peur de montrer mon corps, j'ai peur ».

J'ai passé mon adolescence et ma vie de jeune femme à me chercher car je me sentais mal dans ma peau. Alors j'ai essayé pleins de trucs; me nourrir que de gâteaux; l'alcool; le cannabis; le tabac; et quelques autres drogues dites « dures ». Mais je ne m'y suis pas trouvée dans tout ça, alors j'ai chercher dans l'ésothérique; la voyance; des personnes qui tirent les cartes ou le pendule. Je ne m'y suis pas trouvée non plus.
J'ai cherché avec la culture des indiens d'amérique et là j'ai commencé à m'ouvrir des portes. Ca m'a permis de me rapprocher de la nature, aussi bien physiquement que spirituellement. J'adorais le vert, signe pour moi de la nature, la forêt, l'herbe, les plantes. Et à travers ça, je me suis rendue compte qu'être naturelle, c'est ma vraie personnalité, c'est ma vrai féminité.

Pour en venir à l'histoire qui a aussi marqué ma vie, je dirais c'est l'histoire d'amour que j'ai vécu avec Manolo. Oui, tu sais de qui je parle. Le cousin de papa. Je me rappelle comme si c'était hier. Le jour où tu nous a surpris. Tu m'as demandée ce que je faisais, si j'étais pas folle, et t'as demandé à Manolo de sortir. Tu m'as dit de faire mes bagages et que je venais avec vous à la maison à Velez, sinon tu lui disais à papa. Autant toi tu étais choquée, autant moi ma vie tombait en ruine. C'était déjà pas facile pour lui et moi qui s'aimions, oui maman, nous étions fou amoureux malgré nos liens familiaux, complètement fou l'un de l'autre, mais la pression de la famille nous poursuivait, c'était un bonheur immense, en même temps qu'une angoisse terrible de l'avenir. Il fallait se cacher tout le temps comme si on faisait un crime presque. Pourtant que je sache, papé et mamé, qui sont aussi cousin au 2e degré, n'en n'ont pas fait de crime, au contraire ils ont eu un fils avec lequel tu t'es marié et avec qui tu as eu des enfants...
Ce jour-là, oui tu nous as surpris, le ciel m'est tombé sur la tête. J'étais triste à mourir, j'étais mal en moi, mal dans mon corps, mal dans ma tête et surtout surtout dans mon c?ur. Même les larmes ne suffisait pas à m'apaiser. Je l'aimais éperduement et lui aussi mais nous n'avions pas le droit au bonheur, « pas le droit, pas le droit, pas le droit... » voilà ce qui me passait par la tête. J'étais complètement éfondrée, malheureuse et horriblement frustrée de ne plus pouvoir être avec la personne que j'aimais de tout mon c?ur et m'apportait tout l'amour et toute la tendresse que j'avais besoin. Du jour au lendemain, j'étais arrachée de l'amour, j'étais déchirée. Je n'en ai pas dormi car j'ai pleuré sans cesse. J'ai pleuré d'abord dans les bras de mon petit frère qui a vu sa s?ur en pleurs et il m'a fait beaucoup de bien, puis seule, énnormément seule. Et pourtant ça ne nous a pas empéché de nous aimer, mais ça nous a compliqué notre relation déjà si fragile et surtout à notre âge où nous étions livré à nous même dans l'amour. Mais ça a durer plus longtemps que tu ne l'imagines et cette passion reste importante dans ma vie pour tout ce qu'elle m'a appris. Sauf que j'avais peur du « qu'en-diras-t-on » de la famille et je ressentais des angoisses terribles, à me tordre les tripes. J'avais trop peur de m'engager avec lui sérieusement dans la vie, quitte à en soufrir longtemps, quitte à sacrifier mon amour pour lui. J'étais ado au début, et je me cherchais, mais ce dont j'étais sûre c'est de l'amour que j'éprouvais pour lui.
Je n'attendais pas de morale, ce que nous avons éprouvé n'était pas mauvais, elle était naturelle. J'avais besoin que tu me parles de tes craintes et que tu entendes mon histoire personnelle sans m'imposer de jugements, afin que tu acceptes.ce que je ressentais.

Quand je sortais avec Laurent, souvent tu m'as dit que j'étais trop sensible car j'étais souvent malheureuse. Tu pensais que ça venait de moi. Je me sentais encore plus triste. Je sais aujourd'hui que je n'aimais pas vraiment ce garçon, c'était plutôt un désir de me dire qu'il fallait que je l'aime et lui de-même, c'était une obssession obligatoire que je m'imposait. Car il m'a fait les pires plans galères mais je restais quand même. Et je me sentais toujours de plus en plus triste, triste car c'est à Manolo à qui je pensais tout les jours, avec en plus ce boulot à TMTA, j'ai déprimé complètement. J'ai fait une vrai déprime sans que ça soit mis sur la table.
Oui j'avais besoin d'aide, j'étais toujours dans la tourmente, et j'avais besoin d'aide. J'avais envie que tu me prennes dans tes bras et que je puisse pleurer tout mon saoûl sans être jugé.

Il m'est arrivé aussi, quelque chose que je ne t'ai jamais parlé par peur de ton jugement. J'avais peur que tu t'inquiètes et penses que je faisais vraiment que des conneries. Je n'avais pas envie d'entendre des reproches car ma tête me bombardais déjà de reproches. La premiere fois que nous sommes revenus, avec Philippe, du Québec, j'étais enceinte. Je suis tombée enceinte en prenant la pilule, mais pas très bien suivi j'imagine. J'ai évidemment paniqué. Ensemble, nous avons décidé de stopper cette grossesse, et Philippe m'a guidé vers cette démarche pour l'endroie etc. J'ai fait donc une interruption volontaire de grossesse (IVG) à la clinique des teinturiers sous anesthésie générale. Les docteurs et infirmières ont été très sympa et je ne savais plus trop où j'habitais même si j'étais sûre de notre décision. Je me suis réveillée en salle de réveil, dans une salle au carrelage bleu et j'avais qu'une envie c'était de chialer toute mes tripes. Je me sentais vide, enfin ça m'est inexplicable les sentiments qui me sont venus, mais je les ai vécues. Je les ai vécu dans le temps avec une tristesse que je trainais et je ne savais pas comment l'accepter. J'avais trop de culpabilité en moi. Alors, j'ai commencé à dessiner, puis j'ai rencontré Pierre qui m'a permis, sans le savoir, de sortir toute cette haine, ces ressentiments par la danse. Je pouvais danser à tout ses cours qu'il donnait et j'y allais à tous. J'aurais souhaité avoir le courage de t'en parler librement et là aussi pouvoir te dire toute ma tristesse, pouvoir pleurer et faire mon deuil.

Aujourd'hui encore, quand je te parle de la façon que je veux accoucher, tu me dis que je ne suis pas comme « tout le monde ». Je ne savais pas que tu connaissais tout le monde sur terre. Je te parles de mes choix qui me tiennent à co?ur en tant qu'adulte responsable et je vois que tu n'entends que tes propres inquiètudes. Je suis toujours un peu triste après cette réponse de banalité, je me sens rejettée par toi parce que je ne fais pas comme toi tu voudrais. Et encore plus triste de n'être pas acceptée pour la personne que je suis. J'ai toujours l'impression que mon intelligence te dérange, que je lise pleins de livres te dérange, que je m'instruise et m'informe différemment qu'avec un écran télé te dérange.
Je préfère pouvoir discuter librement avec ma maman et éventuellement t'apprendre moi-aussi des choses. Je préfère pouvoir discuter avec toi, autre que des banalités de beau temps, de rien finalement qui nous rapproche, de ce qui me touche, ce qui te touche, ta propre enfance, tes propres tristesses, ton adolescence, bref nous avons beaucoup à nous dire.

Aujourd'hui notre relation a évoluée ; tu as su me soutenir pour mon allaitement au début, écouter mieux les besoins de mon tout petit bébé, m'écouter quand je me sentais seule et désespérée dans mon couple, tout ça, c'est important pour moi.

Maman, je te demande de sentir à quel point j'ai eu peur de toi dans le sens où je ne voyais pas de bras ouvert pour m'acceuillir tendrement et sans jugement.
A quel point j'ai pu me sentir blessée d'entendre que j'étais pas dégourdie, bordélique, que je ressemblais à une gitane, que j'étais folle , ou que je suis pas comme tout le monde.
A quel point j'ai recherché ton écoutes de maman sans jugement, ta confiance en moi.
A quel point j'ai pu être malheureuse sans pouvoir t'en parler.
Pour une fois, regardes-moi enfin, comme un être humain qui aspire au respect et à l'amour.

Je me sentirais reconnu pour la personne que je suis, non pas seulement en tant que fille, mais aussi pour moi-même, en tant que femme et mère aujourd'hui. Et bien que nos liens sont fort, je pourrais me sentir plus libre avec toi et surtout je n'aurais plus peur de te parler et même de pleurer devant toi.

En guise de réparation, .je te demande de reconnaître les faits dont je te parle, et peut-être même d'autres dont toi tu souviens, je te demande de m'entendre en restant centrée sur moi, sans arrière pensée, je te demande de me répondre, soit par lettre (même en espagnol), soit tu prends un rendez-vous avec moi, où on puisse avoir le temps de se parler à ce sujet seule à seule.

Voilà, j'en arrive à la fin de cette longue lettre qui est très importante pour moi; pour la fille, femme, et mère que je suis aujourd'hui.
Je t'aime,
Nathalie
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Re:je paufine lettre à ma mère pour la répation - 2007/09/24 13:15 impec, superbe, juste une phrase à rectifier à la fin : Pour une fois, regardes-moi enfin,
regarde moi serait suffisant. pour une fois et enfin sont de trop.
tenez nous au courant de la réponse de votre maman et de votre réconciliation,
chaleureusement
isabelle
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