Nathalie27
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Lettre réparation - 2008/04/11 09:42
Bonjour Isabelle,
Merci pour vos livres comme " au coeur des émotions de l'enfant" qui m'accompagne dans mon chemin de maman, pour ce site, pour votre action!
Après lecture du livre de Suzan Forward, et visionnage d'une conférence filmée que vous aviez donnée dans un conseil général. J'ai écrit une lettre à ma mère il y a deux ans. Depuis elle se sent attaquée par moi, je suis son "tyran".
Aujourd'hui j'écris une nouvelle lettre, que je pense lui lire lors d'une médiation (avec une médiatrice compétente dans un lieu neutre); médiation que je vais lui proposer.
Le début est certaienemnt un peu trop corrosif...mais j'ai besoin de dire ce qui m'irrite. la fin me paraît pacifique et bien.
Qu'en pensez vous?
Merci d'avance
nathalie
"Aujourd’hui je ne peux plus supporter des attaques injustifiées. Si Charlotte (ndrl ma petite soeur de 11 ans) veut me voir aujourd’hui et que j’accepte, tu as l’impression qu’on fait ça « dans ton dos ». Tu dis qu’on ne t’a pas demandé ton avis, tu te mets en colère, tu ne te sens pas respectée.
Et alors si tu dis « oui », c’est parce que tu te plies à ma volonté, que tu es gentille et je suis « un tyran », alors que je propose simplement à ma sœur de passer un moment avec moi. J’aimerais pouvoir voir ma sœur naturellement, sans réfléchir à la manière de te le demander (Pour ne pas te vexer, pour que tu ne te sentes pas mise à l’écart) 2 semaines à l’avance.
Je ne peux plus entendre que je suis un déséquilibre pour Charlotte, ce que tu m’as dit souvent ces derniers temps. Je ne fais pas de « contre-éducation ». Lorsque je lui dis que je ne peux pas passer vous voir parce que tu n’es pas d’accord, je lui dis la vérité, tu me dis que je fais de la contre-éducation, mais quand ça fait 5 fois qu’elle me demande je lui dis la vérité.
Je ne supporte quand tu me dis « Tu ne me laisses pas Zoé (ndrl ma fille de 2 ans) », en effet tant que tu ne me respecteras pas, je ne te la laisserais pas, tant que régulièrement j’entendrais des critiques sur ce que je suis profondément, je ne te la laisserais pas. Mais il va de soi que dans un climat de respect, il pourrait arriver que tu la vois plus souvent, la garder plus souvent.
Pour cela il faudrait que tu arrêtes de me reprocher de ne pas avoir fait des choses qui te feraient plaisir (exemple : souhaiter la fête des grands-mères, te proposer à une ballade toutes les 3 ou 4 avec Charlotte, souhaiter la fête des mères), et que tu arrêtes de me reprocher des choses que j’ai dites. Comme: « de ne pas lui donner de sucette », tu me le répètes à chaque fois, je te demande d’accepter que je puisse avoir des opinions, de les entendre sans t’agacer, sans penser qu’elle sont dirigées contre toi, de les respecter.
Je peux ne pas avoir envie de boire un café avec toi, ne pas avoir envie de te souhaiter la fête des mères, je t’ai expliqué pourquoi dans une précédente lettre. J’ai besoin de temps, de reconnaissance pour cela, qu’on ai véritablement entendu pourquoi ça me gêne de faire amies-amies tant que tu n’as pas reconnu vraiment mes blessures d’enfant, d’ado. Tout cela ne devrait pas m’empêcher de vivre une relation saine avec ma sœur. Relation qui ne va pas abîmer la vôtre comme j’ai l’impression que tu sembles le croire. Même si Charlotte sait que j’ai de la distance envers toi, et qu’elle passe de bons moments avec moi, elle ne va pas moins t’aimer pour autant.
Elle se fait une joie qu’on aille chercher des poules ensemble, pourquoi lui dire « c’est pas une gloire d’avoir des poules, je ne veux pas qu’elle te prenne pour un héros » ?
Si tu ne me demandes pas ce dont je n’ai pas envie, que tu me respectes et que tu m’écoutes (sans te sentir agressée ou attaquée), tu verras Zoé.
Dans la mesure de mes disponibilités tant qu’elle sera petite, nous viendrons te voir si tu l’acceptes. Avec le temps, si nous entrons dans une relation de respect, je te la laisserais peut-être plus souvent à garder, j’aurais peut-être plaisir à t’inviter.
Plus tard tu pourras aller la chercher à l’école, aller boire un jus d’orange avec elle, lui offrir un cadeau dont elle a envie, l’emmener au cinéma… vivre une relation de grand-mère à petite fille!
Mais pour tout ça il faut que moi, sa maman, ta fille, il faut vraiment que tu me respectes, que tu m’écoutes sans t’énerver, que tu ne me demandes pas ce qui m’est impossisble (ou que si tu le demandes et que je refuse, tu puisses l’entendre sans m’accabler). Je ne peux pas m’entendre dire que tu n’as rien pour la fête des grands-mères alors que moins d’une année auparavant tu m’as dit que tu ferais refuser ma venue à ton enterrement.
Si je ne me sens pas jugée, si tu ne fais pas de moi la source de problèmes, nous ne pourrons continuer sur une relation « normale ».
Je ne veux plus rien entendre de ce que j’ai entendu ces deux dernières années.
Dans notre intérêt sois à l’écoute, tu continueras à voir Zoé et on créra une relation de respect.
J’ai conscience que cela demande un grand changement, j’imagine que si on chemine vers ça, il pourra y avoir des accidents. S’ils sont reconnus comme tel, je suis prête à continuer à avancer dans une « réparation ».
Cela ne va pas être facile pour moi non plus, j’ai encaissé beaucoup de petites blessures ces deux dernières années. Vraiment il ne fait pas me demander de faire des choses qui te feraient plaisir, un jour peut-être mais pas pour l’instant.
Sois respectueuse de mes idées, de mes volontés, ne vois pas en moi un bourreau. Ne crois pas que je puisse enfreindre la relation que vous avez toi et Charlotte. Aie confiance en mon humanité. Et construisons doucement quelque chose de positif. Ce n’est certainement pas cette année que je t’offrirais quelque chose pour la fête des mères.
Peut-être pour la première fois cette année tu ne m’en voudras pas. Tu me comprendras. Ce serait bien.
Nathalie"
Message édité par: Nathalie27, à: 11/04/2008 à 09:50
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